MELANGES.
ce prince n’avait plus d’états : la Lorraine étaittout entière occupée par une armée du roi; ilne possédait plus que son armée qu’il ne voulaitpas exposer à sa ruine dans un engagement sé-rieux. Il avait toujours dans son camp des né-gociateurs de Mazarin ; le prétendant d’Angle-terre s’y rendit. Enfin, au moment où l’arméede Turenne n’était plus éloignée que d’une por-tée de canon ; il signa Y ultimatum , consentit àcesser sur-le-champ les hostilités, à livrer sonpont sur la Seine et à quitter la France ,sous quinze jours; il se mit en marche à ceteffet; il passa l’Yères . Une heure après, l’ar-mée des princes arriva sur la Seine de l’autrecôté de Villeneuve-Saint-Georges , et au lieu del’armée de Lorraine , aperçut sur l’autre rivel’armée du roi. Si la jonction se fut faite avec leduc de Lorraine, la supériorité numérique desFrondeurs eût été telle, que la cour n’auraitplus eu d’autre parti h prendre, que celui de seretirer sur Lyon , ne pouvant compter sur laBourgogne .
§ III.
Condé accourut en toute hâte de Paris , se mità la tête de son armée; il la ramena entre Saint-Cloud et Surêne, gardant le pont de Saint-Cloud . Le premier juillet, Turenne passa la