MÉMOIRES 1>1£ NAPOLÉON.
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bre de petits combats singuliers signalaient labravoure des deux partis, lorsque enfin le ma-réchal de la Ferté arriva avec l’artillerie : Turenneen plaça aussitôt une batterie près de l’abbayeSaint-Antoine, et en envoya également à l’atta-que de droite et à celle de gauche; profitant,d’ailleurs, de la grande supériorité de ses trou-pes , il enleva plusieurs grosses maisons où s’é-taient crénelés les Frondeurs, qui, se voyantforcés de tous côtés, perdirent courage et sesauvèrent en désordre sur la place d’armes, enavant de laporte Saint-Antoine. Dans ce moment,Mademoiselle apporta aux bourgeois, de serviceà cette porte, l’ordre de l’Hôtel-de-Ville de l’ou-vrir à l’armée de Condé, qui, ranimée par cetteheureuse nouvelle, rentra dans Paris avec assezd’ordre, et alla se camper et se retrancher surl’autre rive de la Seine , derrière la petite rivièredes Gobelins. Au même moment, Mademoisellefit tirer le canon de la Bastille, ce qui empêchal’armée du roi de poursuivre, dans la capitale,l’ennemi vaincu qui lui échappait. Ce combatfut fort opiniâtre; l’animosité était grande depart et d’autre, surtout parmi les officiers. Lacour en avait été spectatrice des hauteurs deCharonne, où elle s’était placée dès le matin.Dans la nuit elle retourna à Saint-Denis .