MÉLANGES.
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vrit ses portes après sept, jours de siège;.mais,pendant ce temps, Condé prit Yervins, ce quidécida Turenne à continuer la campagne et àporter le siège devant cette ville qu’il reprit ;l’armée entra ensuite en quartiers d’hiver en fé-vrier. Le soldat, pendant cette arrière-cam-pagne , témoigna hautement son mécontente-ment contre le cardinal : il manquait de vivres,l’hiver était très-froid ; il fut souvent réduit àmanger de la chair de cheval et des trognonsde choux , qu’il appelait le pain du cardinal.
§ v.
iî e Observation. — i° Turenne avait prévenule maréchal d’Hocquincourt que ses quartiersétaient exposés.
2 0 La manoeuvre habile qu’il fit pour im-poser à Condé et qui lui réussit, fut considéréedans le temps, comme le plus grand servicequ’il pût rendre à la cour; en effet, s’il s’en fûtlaissé imposer, elle eût été obligée de quitterGien , ce qui eût été d’une fâcheuse influencesur les affaires politiques ; mais il est évidentque le maréchal n’avait pas le projet de tenir saposition ; si Condé se fût décidé à l’attaquer, ilavait tout préparé pour sa retraite : c’est ce queprouve la précaution qu’il prit de retirer tous