Sj. MEMOIRES UE NAPOLÉON,
vallation. L’exemple des anciens ne peut êtreune autorité pour nous; nos armes sont tropdifférentes des leurs. Celle des grands générauxdes XV e et XVI e siècles est plus respectable; ce-pendant les armées menaient alors en campa-gne peu de canons, on ne connaissait pas l’u-sage des obusiers.
Les militaires qui ne veulent aucune ligne,point ou très peu d’ouvrages de campagne,conseillent au général qui doit faire un siègede battre d’abord l’armée ennemie, de se ren-dre maître de la campagne ; ce conseil est sansdoute excellent, mais le siège peut durer quel-ques mois et l’ennemi revenir, au moment leplus décisif, au secours de la place; mais ungénéral peut vouloir s’emparer d’une placeforte sans vouloir courir les chances d’une ba-taille ; dans ce cas, quelle conduite doit-iltenir ?
Une armée qui veut faire un siège devantune armée ennemie, doit être assez forte pourpouvoir contenir l’armée de secours et faire enmême temps le siège. Les ingénieurs deman-dent que le corps d’armée chargé du siège soitsept fois plus nombreux que la garnison : sil’armée de secours est de 80,000 hommes, lagarnison de 10,000, il faudrait donc avoiri5o,ooo hommes pour assiéger une place; mais