Band 
Tome septième.
Seite
133
JPEG-Download
 

M£LA!NGES.

133

lui ; l’a fait marcher en Alsace pendant qu’il seportait à Cologne et se joignait au prince d’O-range qui assiégeait et prenait Bonn . La con-duite de Turenne, dans cette occasion , lui a étéreprochée. i° lia manœuvré trop loin de sonennemi; %° il n’a pas agi d’après ce que Monté-cuculli faisait, mais il a, sans motif, prêté à sonennemi le dessein de se porter en France . Ce-pendant la Hollande était le centre des opéra-tions de la guerre; toutefois Turenne savait,mieux que personne, que la guerre n’était pasun art conjectural; il devait régler ses mouve-ments sur ceux de son adversaire et non sur son,idée ; 3° Montécuculli eût été isolé en Alsace , ileût eu à combattre les armées de Condé et deTurenne réunies, tandis que sous Bonn il setrouvait arrivé au grand rendez-vous où devaitse décider la grande question ; réuni à l’arméehollandaise, éloigné de l’armée de Condé, ilcouvrit la Hollande et la Belgique ; c’est cettemarche qui a fait la réputation de Montécu-culli . Cette faute de Turenne fut un nuage poursa gloire; c’est la plus grande faute qu’ait com-mise ce grand capitaine. ( Montécuculli était Ita-lien, natif de Modène; les Caprara de Bologne sont de cette famille. )