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avant-garde. Le prince de Lorraine attendait,sous quelques jours, le général Daun , qui luiamenait de Moravie un renfort de 3o,ooo hom-mes ; ce qui eût égalisé les deux armées.
Frédéric sentit toute l’importance de préve-nir cette jonction. Le 5 mai, à la pointe dujour, il jeta un pont à une lieue et demie au-dessous de Prague , au village de Podbaba, sanséprouver aucune résistance, quoiqu’à deux milletoises du camp autrichien, et s’établit avec vingtbataillons et trente-huit escadrons à Crimitz, surla rive droite de la Moldaw. Le maréchal Schwe-rin passa l’Elbe , et se porta à Mischÿfe. Les deuxarmées prussiennes, dans cette nuit, n’étaientplus éloignées que de trois lieues. Le 6, à lapointe du jour, elles firent leur jonction au vil-lage de Prosick. L’armée du roi prit son ordrede bataille, la droite à Prosick, le centre enavant de Gibel, et la gauche au-delà de Satta-litz, occupant une série de collines de quatremille cinq cents toises d’étendue, et étant àcheval, sur le chemin de Brandeis, qui était saligne d’opérations. Le prince de Lorraine avaitsa gauche sur le Ziska , près de la Moldaw, etsa droite sur les hauteurs du village de Kyge,occupant une ligne de quatre mille cinq centstoises. Le roi avait sur le champ de bataillesoixante-quatre bataillons et cent vingt-trois