MÉMOIRES DE NAPOI.ÉOX.
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tion, qu’au contraire il l’épuise ; toutes les hy-pothèses calomniatrices tomberont d’elles-mê-mes quand on aura vu ce qu’était la Prusse,considérée toute seule; tous les miracles s’ex-pliqueront naturellement quand on aura mieuxjugé ses entours.
Frédéric Guillaume III régnait depuis huitans; particulier, il eût été l’idole de ses amis;roi, il lui a manqué seulement quelques hasardsplus heureux pour être placé dans l’histoire aupremier rang. Comme sa manière d’être intel-lectuelle et morale nous donnera la clef de biendes faits, c’est elle avant tout qu’il nous importede ne pas juger à demi.
Sa première éducation avait été mauvaise, etle choix de ses instituteurs une énigme pour lanation. Il sut se former lui-même à deux gran-des écoles : le règne de son grand-oncle lui of-frit les modèles à suivre; celui de son père, lesécueils à éviter. Dans le silence d’une jeunessesage, il sut observer avec fruit et se tracer àtemps sa route future. Fils et sujet respectueux,il 11e se permit jamais de prononcer sur les fau-tes de son père; mais les ressources violentesauxquelles il le vit réduit lui apprirent que l’é-conomie est la première condition d’un règneheureux; et dans les plaines de la Champagne ,au milieu des débris de l’armée prussienne, il