35 <> MÉMOIRES Ul NAPOLÉON.
punément s’oublier sur le trône, et onze ansd’un règne trop peu sévère nous avaient pla- :cés sur la pente de l’abîme. Le feu roi avait hé-rité de Frédéric-le-Grand un trésor de septanteet deux millions d’écus (le Prusse, et laissé pour 'tout héritage à son fils vingt-huit millions de ;dettes, des institutions financières, devenuesl’horreur de la nation, un crédit qui déjà com- |mençait à s’altérer, et des besoins qui devaient !croître chaque jour, avec les fruits de sa déplo-rable croisade en Champagne .
A peine sur le trône, Frédéric Guillaume III rétablit dans toutes les branches une économienon pas sévère, mais sage. Il se défendit à lui- jmême tout luxe inutile. L’état de sa maison |était celui d’un prince bien au-dessous de sonrang. On ne m’en croirait pas si j’articulais lasomme dont la reine disposait annuellement;mais ce que mes compatriotes au moins croi-ront sans peine, c’est que des bienfaits le plussouvent ignorés en absorbaient la plus grandepart. Sans examiner encore jusqu’à quel pointnos principes en politique ont pu nuire sousd’autrds rapports, le roi leur dut huit ans derepos, et profita habilement des moyens deprospérité que le commerce et la paix offrirentà sa nation pour faire servir au rétablissementde ses finances le surcroît de ses revenus. En