MATÉRIAUX POUR SERVIR A l’hISTOIRE. 36 1
d’honneur qui n’est pas l’honneur, et qu’elle afait de ces idées la fortune héréditaire de quel-ques hommes, le mobile de leurs pensées, lacondition de leur vie, certaine que dans lesgrands états, surtout dans les monarchies, ellesne peuvent être la propriété de tous, mais qu’unhommé sûr en fait marcher à la mort dix autresqui ne le sont pas? Je sais tout ce qu’on peutme répondre. Ce n’est pas ici le lieu de dévelop-per mon idée; mais qu’on ne soit pas assezaveugle, je le répète, pour m’objecter les triom-phes des Français , ni assez barbare pour m’ob-jecter nos revers. J’arriverai à ce dernier point;tout s’expliquera naturellement pour ceux quivoudront être justes; tout devient arme entreles mains de la haine.
Disons encore que la carrière des honneursmilitaires n’était pas même fermée par la règleaux citoyens non nobles. D’après un calcul dé-posé dans le journal d’Archenholz, mois de dé-cembre 1807, il y avait, l’an 1806, dans l’arméeprussienne six cent quatre-vingt-quinze officierspris dans la roture, dont cent trente-un étaientplacés dans l’infanterie de ligne, soixante-seizedans l’infanterie légère, deux cent quatre-vingt-neuf dans le corps de l’artillerie, quatre-vingt-quatre dans la cavalerie et quatre-vingt-deuxdans les compagnies d’invalides. Sur ce nombre