des vérités neuves pour les peuples, l’influence desgrandes actions, le mouvement que l’enthou-siasme donne à la pensée, avaient placé la nationprussienne au rang des nations les plus éclairées.En vain des fanatiques sombres essayèrent, aprèsla mort du grand homme, de l’arrêter dans son es-sor. Sous Frédéric Guillaume III , elle tendait de-puis huit ans à un développement continu. Leroi y contribuait beaucoup parce qu’il faisait,beaucoup aussi par ce qu’il ne faisait pas; car onpeut aider à la pensée, mais il importe surtoutque rien ne l’entrave. Chez nous, aucun actede despotisme qui la rétrécît, aucune surveil-ance inquiète qui l’effarouchât. Également libredans les familles et dans les cercles, dans labouche et sous la plume des citoyens, elle pui-sait à toutes les sources, s’enrichissait des tré-sors de toutes les nations, profitait des erreursde tous les partis, sans que jamais le gouverne-ment se méconnût assez pour la craindre. Cha-cun lisait à son choix ou imprimait avec l’aveud’un censeur indulgent. On devait autant auxressources positives que le gouvernement mul-tipliait tous les jours. Non seulement il avait faitbeaucoup pour le perfectionnement des écoles,doté avec splendeur l’université de Halle, quibientôt n’aurait plus eu de rivale; mais il n’yavait pas de genre de mérite qu’il ne fût jaloux
Schliessen