mémoires de napoléon.
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plus elle allait au-delà des bienfaits de l’autorité.Des moyens précieux d’instruction se sont éta-blis chez nous sans que l’idée en soit venue d’enhaut; mais elle n’était pas plus tôt conçue pardes citoyens bien intentionnés que les encou-ragements de tout genre pleuvaient du trônesur les inventeurs et sur leur ouvrage. Il s’estformé, dans presque toutes les villes, des éta-blissements où l’on rassemble les enfants despauvres pour les occuper et les instruire. C’estle produit de leur travail qui paie leurs maîtres;c’est à eux-mcmes qu’ils doivent ce qu’ils ap-prennent, et cette admirable fondation tourneau profit des mœurs comme de l’industrie. Ellene se soutiendrait pas sans d’autres secours,mais elle les trouve abondamment dans la bien-faisance publique, et le roi, la reine sont tou-jours à la tète des bienfaiteurs. Dans les villesde garnison, d’autres écoles, établies sous lesauspices des chefs et sur les mêmes principes,recueillent les enfants des soldats. L’instructiondes sourds-muets est parfaite à Berlin : on s’oc-cupait de celle des aveugles-nés. Toutes ces fon-dations doivent au règne de Frédéric Guil-laume III ou leur naissance, ou leur perfec-tionnement.
En général, la nation était digne de ses maî-tres : froide, il est vrai, peu capable d’enthou-