44 ° MEMOIRES DE NAPOLÉON,
dant ces deux mois, où l’on s’était accoutumé kvoir un ennemi dans la France , et l’attente del’armée encore une fois déçue, et la défaveurqu’une contenance imperturbable au milieu dubruit des passions avait jetée sur le ministre.Le roi seul fort sérieux, occupé, mais calme,non pas, l’infortuné, qu’il y eût moins de sen-sibilité dans son caractère : il ne connaissaitplus le bonheur depuis que ses devoirs étaientdevenus douteux ; mais pour lui le renversementdes premières espérances avait été moins inat-tendu que pour d’autres. Cette fois il n’en vou-lut croire exclusivement ni Haugwilz, l’auteurou du moins l’instrument du traité, ni ses con-fidens ordinaires; il s’entoura des hommes quipar leur rang, leurs lumières, leur expérience,la confiance de la nation, lui promettaient un fildans ce labyrinthe. Il y eut dans ce conseil dessorties violentes, il n’y eut enfin qu’un avis.
Nous avions le choix entre trois partis. Nouspouvions ou poursuivre nos projets hostilescontre la France , ou, en renonçant avec elle àtout rapport soit d’amitié, soit de haine, la lais-ser encore une fois maîtresse du pays d’Hano-vre , ou enfin de ratifier le traité de Vienne.
Je le sais : le grand argument de l’opposition ,quand on s’appuie des événements de la der-nière guerre, pour justifier la circonspection du