Band 
Tome neuvième.
Seite
46
JPEG-Download
 

46 MÉMOIRES DE NAPOLÉON,

partie parvint jusqu’à Neuve-Église, où le comted’Artois lui signifia l’ordre de licenciement. Legénéral Excelmans s’empara de tous les chevaux,des magasins et des bagages de ce corps ; les offi-ciers et gardes, traqués par les paysans,jetaientleurs habits et se déguisaient sous toutes les for-

O

mes pour se soustraire à l’indignation populaire.Quelques jours après , le comte Refile se renditen Flandre avec douze mille hommes, pour ren-forcer les troupes du comte d’Erlon qui tenaitgarnison sur cette frontière. L’empereur délibéraalors si avec ces trente-cinqàtrente-sixmillehom-mes , il commencerait le i er avril les hostilités,en marchant sur Bruxelles , et ralliant l’arméebelge sous ses drapeaux. Les armées anglaise etprussienne étaient faibles , disséminées , sansordres, sans chefs et sans plan ; partie des offi-ciers étaient en semestre ; le duc de Wellingtonétait à Vienne, le maréchal Blücher était à Ber-lin . L’armée française pouvait être , le 2 avril,à Bruxelles ; mais i° l’on nourrissait des espé-rances de paix , la France la voulait, et auraithautement blâmé un mouvement offensif pré-maturé; 2 0 pour réunir trente-cinq à trente-six mille hommes , il eût fallu livrer à elles-mêmes les vingt-trois places fortes depuis Calais à Philippeville , formant la triple ligne du Nord.Si l’esprit public de cette frontière eût été aussi