OUVERTURE 1)E LA CAMPAGNE. 7 3
rection. crut prudent de prendre position , sonavant-garde à Frasne, ayant des vedettes sur lesQuatre-Bras.
Les corps de Vandamme et de Grouchy étaientréunis à Gilly ; trompés par de faux rapports,ils perdirent deux heures en position, dans l’o-pinion que deux cent mille Prussiens étaientderrière les bois et en avant de Fleurus. L’em-pereur fut lui-même reconnaître l’ennemi, etjugeant que ces bois n’étaient garnis que pardeux divisions du corps de Zwietten, de dix-huità vingt mille hommes, il ordonna aussitôt demarcher en avant. L’ennemi se mit en retraite;on le poursuivit vivement. Une charge des quatreescadrons de service, conduite par le généralLetort, enfonça deux carrés, détruisit le 28 e ré-giment prussien; maisl’in trépide Letortfut blesséà mort. Ce général était un des officiers de ca-valerie les plus distingués : on n’était pas plusbrave ; nul officier ne possédait au plus hautdegré l’art d’enlever une charge et de commu-niquer l’étincelle électrique aux hommes commeaux chevaux; à sa voix, à son exemple, les plustimides devenaient les plus intrépides. A la nuit,les corps de Vandamme et de Grouchy prirentposition dans les bois de Trichenaye et de Lam-busart près de Fleurus.