Band 
Tome neuvième.
Seite
253
JPEG-Download
 

RELATION DE LA CAMPAGNE DE I 8 1 5. 2 53

giments, et savait bien moins encore le nom-bre d’hommes qui avaient pu suivre les tètes decolonne dans une marche aussi longue. Eût-ilété sage de tenter une attaque de nuit avecquatre ou cinq mille hommes d’infanterie etmille à douze cents chevaux, sur un point quepersonne ne connaissait et que l’on savait êtredéfendu par dix bataillons avec de l’artillerie ?Tous les militaires de bonne foi répondrontnon. L’empereur lui-même en jugea ainsi, puis-qu’il accueillit et retint le maréchal à souperà la fin de cette journée, laquelle est tellementimportante, que l’on se croit obligé de résu-mer les actes qui l’ont remplie.

On a vu que le i5 , à dix heures du matin, lemaréchal, resté en arrière, faute de moyens detransport, achetait deux chevaux; qu’à septheures du soir, il recevait un commandement;à huit heures il battait l’ennemi et lui faisait desprisonniers; à dix heures il avait fait cinq lieuesavec sa troupe, et prenait position en avant deFrasnes; à minuit, il rendait compte, à Charle-roi, des dispositions qu’il avait prises. L’empe-reur le retint à souper, lui donna ses ordres etreçut le maréchal avec la franchise du camp; illui fit part de ses projets et de ses espérancespour la journée du 16, qui allait bientôt com-mencer. Il mangea avec lui le pain de l’amitié