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Le protecteur, ou la République d'Angleterre aux jours de Cromwell / par J.H. Merle d'Aubigné
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Mi PROTECTEUR.

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Les Piémontais et leurs alliés voyaient déjà unearmée anglaise , descendant de ses navires, se jetersur leurs contrées. Le ministre dAngleterre enSuisse parla en effet de ce plan, comme étant facileà réaliser, et demanda dans ce but que la Grande-Bretagne sunît aux Provinces-Unies 1 . Cétait lin-tention de Cromwell , et il insista pour que lon soc-cupât très-sérieusement de cette affaire. « La trai-te ter légèrement, disait-il, ne serait ni honorable« pour nous ni profitable pour ce pauvre peuple. »«Lopinion ici, dit Thurloe, désignant ainsi le« Protecteur, est de ne pas commencer cette af-« faire à moins que lon nait une résolution ferme« et déterminée de lamener avec efficace à une« bonne fin a . »

En attendant, le Protecteur envoya Samuel Morland au duc de Savoie, avec une lettre danslaquelle, après lui avoir représenté linjustice et lacruauté de sa conduite à légard des protestantsdes vallées, il disait « quil avait eu le cœur percé« de douleur à la nouvelle des souffrances des« Yaudois, auxquels il était uni, non-seulement« par les liens communs de lhumanité, mais en-« core par la profession de la même foi, et quil« était obligé de regarder comme des frères. » Ilajoutait « quil croirait manquer à ses devoirs en-« vers Dieu , envers la charité, envers la religion,« sil se contentait dêtre ému de pitié à légard de« ces hommes ; que leur condition était si mi-

1 M. Pell au secrétaire dÉtat Thurloe, 20 juillet i655.

a Thurloe àM. Pell, 8 novembre i655.