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JEAN JAQÜEMOT, MINISTRE A NEUCHATEL,
pasteur à Neuchâtel Je 1592 à 1596 ; il avait été aupa-ravant à Genève , où il retourna plus tard. On a de lui unvolume de 238 pages de poésies latines devenues très-rares , intitulé Mu ses neucliâteloùes (Musæ neocomenses)qui parut en 1597 dans cette ville, à en juger du moinspar le nom de l’imprimeur, Matthieu Berjon.
Ces poésies qui dénotent un auteur doué d’une musefacile, correcte et savante, sont adressées à diverses per-sonnes éminentes et à des savans distingués de l’Europe ,à des parens et des amis. Ce recueil renferme en outredes prières composées pour certaines circonstances de lavie et quelques chapitres des proverbes de Salomon re-produits en vers lyriques. Dans une pièce des plus tou-chantes , il peint la douleur que lui fait éprouver la mortd’un enfant, enlevé le 2 avril 1578 à ses paternelles af-fections, quinze mois après sa naissance. Il traduisit éga-lement en vers latins la tragédie intitulée le Sacrifice(l'Abraham, qui avait pour auteur Théodore de Bèze , dontil était ami.
Les vers qui suivent sont adressés à un magistrat denotre pays avec qui il soutenait, à ce qu’il paraît, desrelations d’amitié et auquel il fait le reproche de ne pasvouer à la poésie un culte plus exclusif. Jaquemot achanté ailleurs dans ses Mmes un autre poète neuchâte-lois et contemporain, Biaise Ilori (Blasius Horicæus)pasteur à Gléresse : le recueil complet de poésies que l’onpossède de ce dernier et parmi lesquelles il en est decharmantes, nous font regretter celles que nous n’avonsplus de Perret-Gentil ; car à en juger par la manière enlaquelle il parle de l’un et de l’autre, ces deux poètespouvaient être placés au même rang.