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IIISTOIHE Dü BON VIEUX TEMPS.
« Non, non, parbleu, tout se trouve excellent, »Répond le comte, «et d’abord ce fromage« Est du meilleur que l’on puisse manger.
« Ce vin est-il du crû de ce village ? »
— « Non, monseigneur, des Pains-Blancs d’Auver-
(nier;
« C’est du meilleur qui soit dans le ménage. »
« —Et ce vin rouge ?» — « Oh ! c’est du Cortaillod ,« Et du bon vieux, car mon oncle Baillod« Me le donna lors de mon mariage. »
— « Ce miel est bon ; est-il de ton rucher ? »
— « Oui, Monseigneur, de celui du verger.»
Le comte ainsi, du même ton affable ,
Trouve excellent chaque mets de la table.
De Gorgoion qu’on juge les transportsQuand, remplissant son verre jusqu’aux bords :
« A vos santés ! A la tienne, bon hôte ,
« Dès aujourd’hui, justicier de la Côte !
« Bon-hôte : oui, tu garderas ce nom,
«Je n’aime pas celui de Gorgoion.
« Bonjour, enfans, bonjour ! » En moins d’une
(heure,
Le comte était rentré dans sa demeure.
Fut dit, fut fait. Plus ne fut questionDe conserver le nom de Gorgoion.
Huit jours après, le preud’homme BonhôteSiégeait au plaid du maire de la Côte.
Janvier 1840.
E. DE P.