214 LE COMTÉ DE BOURGOGNE
stades qu’ils avaient à surmonter. Quand ils en vinrentà ne plus pouvoir compter le nombre de leurs prosélytesrépandus sur tous les points du pays, ces apôtres de labonne nouvelle allèrent l’annoncer aux peuples des con-trées transjuranes, où ils ne furent pas moins bien ac-cueillis ( 2 ). Dans le principe, ceux des habitants con-vertis au christianisme restèrent sous la dépendanceimmédiate de l’évêque de Besancon ; mais lorsque lesvérités évangéliques , se faisant jour parmi ces popula-tions , eurent prévalu sur l’erreur, il se forma de nou-veaux sièges dans les principaux centres de l’Helvétieoccidentale, tels qu’étaient alors la cité des ltauraques ,celle des.Equestres, Àventicum et Vindonissa (IV e siècle).Les prêtres, dignes d’occuper ces sièges, se placèrentnaturellement sous la dépendance de l’église-mère quiles avait envoyés. De là l’origine des évêques suffragantsdu métropolitain de Besançon et celle de sa suprématiesur leurs diocèses. A la vérité, les ravages des barbaresqui détruisirent l’empire romain , enveloppant ces villesdans une ruine commune, forcèrent leurs pasteurs à lesabandonner. L’évêque des Rauraques s’établit à Bâle (VI e siècle) ( 3 ) ; celui d’Avenches transféra sa chaire àLausanne (vers 580) ; l’évêque de Nyon se retira à Bel-lay (avant 555) ( 4 ), et celui de Windisch ('") trouva unasile à Constance. A l’exception de ce dernier, qui futcompris dans la province ecclésiastique de Mayence, lestrois autres n’ont cessé d’appartenir à celle de Besançon jusqu’aux événements de 1789.
L’évêque de Lausanne , comme premier suffragant dudiocèse, en sacrait le métropolitain ( 6 ) qu’il a remplacéou suppléé plusieurs fois dans ses fonctions ecclésiastiques.Ce fut à ce titre que l’empereur HenriV s’adressa, en 1115