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LE COMTÉ DE BOURGOGNE
X. Alliances de mariage.
On vient de le voir, la démarcation, tracée au seiziè-me siècle par la diversité introduite dans les croyances,exerça dès l’abord un effet puissant sur les relations desdeux peuples. La scission fut brusque, comme l’événe-ment même, entre les hommes de l’ancienne foi et ceuxqui s’étaient rangés sous les drapeaux des réformateurs. Al’accord précédent, si rarement troublé par quelques que-relles sans trop de gravité, succédèrent parmi les massesl’antipathie, les haines, des violences fréquemment re-nouvelées ; moins d’échanges de services et d’autres té-moignages d’une affection réciproque, mais surtout plusde ces mariages autrefois si fréquents dans toutes les clas-ses, si propres à maintenir, à resserrer même la bonneintelligence, et dont la noble famille des comtes de Bour-gogne avait été la première à donner l’utile exemple.
En effet, je compte jusqu’à douze alliances de ce genreformées dans l’Helvétie et en Savoie , depuis Adélaïde ,sœur du roi Rodolphe /, qui s’unit à Richard-le-Justicier ,ce puissant prince de la Haute - Bourgogne ( 4 ), jusqu’àl’archi-duchesse Marguerite , petite-fille de Charles-le-Té-méraire, femme de Philibert-le-Beau , duc de Savoie,dans l’année même où s’ouvrit le seizième siècle ( 2 ). Lesautres mariages vont être indiqués dans leur ordre chro-nologique.
1 . Gisèle , fille de Guillaume-le-Grand, fut l’époused’Humbert II , de Savoie, dit le Renforcé, que l’empereurHenri IV investit, en 1082, des Marches de Suze et deTurin . Une de leurs filles, Alix, devint en 1115 la femmedu roi Louis-le-Gros . On prétend que Gisèle se remariaau marquis René de Montferrat .