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Tome premier.
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290 T.E COMTÉ DE BOURGOGNE

de Valangin , qui défrichèrent les terres vagues et con-struisirent des habitations. Tous ces travaux, comme onle voit, appartiennent aux temps modernes. Il n’existeaucune trace ni souvenir plus ancien d’étrangers venusdans le comté de Montbéliard comme auxiliaires des culti-vateurs indigènes ( 42 ). Les habergages y étaient inconnuset dès l’année 1431, la main-morte ne constituait plusqu’une rare exception dans l’état civil des personnes etla condition des terres ( 45 ).

Les maux sans nombre qui affligèrent ce pays et laFranche-Comté de Bourgogne, dans l’intervalle de 1635à 1648, avaient forcé une multitude d’habitants de cesdeux contrées à chercher ailleurs la sûreté et le reposqu’elles n’offraient plus. Accueillis en Suisse avec unegrande bienveillance, plusieurs y formèrent des établis-sements auxquels ils ne voulurent pas renoncer; les au-tres revinrent dans leur patrie au retour de la paix. Maiscombien était triste le spectacle qui les y attendait. Leursconcitoyens décimés par le triple fléau de la guerre, dela famine et de la peste; les maisons renversées par l’in-cendie; les campagnes incultes faute de bras et conver-ties en bois et en broussailles. Au milieu de ces ruines,et afin d’y porter remède, les deux gouvernements firentappel aux étrangers ( 44 ), leur promettant une exemptionmomentanée d’impôts, s’ils venaient s’établir dans lesterres de leur domination ( 4S ). Cette mesure n’eut pastoute l’efficacité désirable, parce que d’accord avec despréventions qu’un siècle plus tolérant a fait disparaître,on exigeait en Bourgogne que les nouveaux arrivés fissentprofession de la religion catholique-romaine, et qu’à Mont-béliard , au contraire, on leur imposait pour conditiond’appartenir au culte de la réforme. Cependant il se pré-