3 il
De grand matin, sans que Margot s’eu doute ,
En tapinois il sort de la maison :
Quand le soleil parut sur l’horizon,
Depuis long-temps notre homme était en route.
Il voit déjà les créneaux menaçantsOù se postaient pour guetter les passantsDe Rochefort les seigneurs redoutables :
Très-hauts barons, car ils étaient perchésSur le sommet des rochers effroyables,
Où les hiboux aujourd’hui sont nichés.
En traversant le défilé critiqueDe Roc-coupé, Robert, en bon chrétien,
A tous les saints fit une humble supplique ;
Et, quoi qu’en dise un fameux satyrique,
Ne chantait pas, quoiqu’il ne portât rien (*).
Il suit des monts la pente rocailleuse,
Double le pas, puis découvre bientôtLe précipice où bouillonne la Reuse,
Et dans les airs aperçoit aussitôtDu Creux-du-Vent la roche tortueuse.
Le voyageur fit maint et maint détourPour arriver dans ce vallon champêtre,
Dont les côtés sont ornés tour-à-tourDu noir sapin, du platane et du hêtre,
Et qu’éclairaient les premiers feux du jour.
Il entre enfin dans ce charmant village,
Où les oisifs sont toujours aux aguets :
Heureux séjour et bizarre assemblageDe la gaîté, des ris et des caquets,
(*) Cantabit vacuus coram latronc viator.
(Jbvénai..)
Pauvre et seul, il chantait , sans songer au voleur.