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Tome premier.
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XXI.

RELATION DE L’AFFAIRE DU 10 AOUT 1792,

A PARIS ) ;

PAR

M. de LUZE-MÉZERAC, lieutenant aux Gardes Suisses H.

.Le jeudi 9 août, le château des Tuileries ayant

été menacé par les fédérés marseillais et les faubourgsSt Antoine et St Marceau, l’on fit venir les bataillonssuisses de Ruel et de Courbevoie , qui, réunis à la gardenationale, pouvaient se monter à mille hommes.

La journée du jeudi fut très-orageuse. Cependant l’as-semblée n’osa prononcer la déchéance. Vers les onzeheures du soir nous eûmes des avis certains qu’à minuitl’on sonnerait le tocsin et que l’on battrait la générale.En effet, ces avis se réalisèrent, et nous eûmes en même

(1) 31. le colonel Frédéric-Auguste de Luze, est mort à Neuchâtel le 17mars 1837, à l’âge do 78 ans. C’était un des nobles débris de cette braveet fidèle garde suisse qui, le 10 août 1792 , préféra la mort à la honte d’a-bandonner Louis XVI et de trahir ses serments. Echappé comme par miracleau massacre de ses compagnons d’armes, 31. de Luze a vécu dès lors danssa patrie aimé et estimé de tous ses compatriotes. Son nom est inscrit surle monument élevé à Lucerne à la fidélité helvétique , parmi ceux qui ontsurvécu à la catastrophe du 10 août et dont la faux du temps éclaircit tousles jours les rangs. Il a adressé cette relation peu de jours après l’événe-ment, à 31. Jacobel, ancien capitaine au service de France et chevalier dumérite militaire. (Communiqué par 31. le colonel C.-P. de Bosset.)