Band 
[Tomes II. - III.]
Seite
47
JPEG-Download
 

47 —

B.

Les louables cantons de Berne et. de Fribourg etd’autres états voisins ayant considéré que les excès quise commettaient à l'égard des habits et des festins,étaient capables de causer la ruine de leurs sujets , onttrouvé à propos de les réprimer par des ordonnancesqu’ils ont fait publier à ce sujet. Or, comme nousvoyons qu’une semblable réforme n’est pas moins néces-saire dans ce pays, où le luxe augmente tous les jours,au lieu que les calamités de tant de pauvres peuples quenous voyons dans la souffrance nous devraient porter àune profonde humiliation et à retrancher les dépensesvaines et superflues , tant pour éviter les châtimens deDieu , que pour avoir mieux le moyen de subvenir à lanécessité des pauvres et des affligés ; Nous avons résolude suivre l’exemple des dits cantons et états voisins.Pour cet effet, après avoir fait réflexion sur les considé-rations susdites, désirant de prévenir la ruine des sujetsde son altesse sérénissime, et d’empêcher que ces excèsn’épuisent l’état d’argent, Nous avons, par l’avis de mes-sieurs du conseil d’état, fait le réglement suivant :

Premièrement nous faisons défenses et inhibitions très-expresses à toutes personnes de l’un et de l’autre sexe ,de quelque âge, condition et qualité quelles soient, de por-ter aucuns habits ni doublures de brocard, damas,moire, satin, tabis, velours ciselé et autres étoffes desoie barrées et par fleurs, de quelque sorte, façon et cou-leur qu’elles puissent être. Permettant simplement lesétoffes de soie lisse de couleur noire tant seulement.

II. T outefois nul ne pourra porter des justaucorpsde velours noir, qu’il n’ait atteint lage de trente ans. Et