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[Tomes II. - III.]
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jadis de son ombrage, commande le respect, et est connudans le voisinage sous le nom de Tilleul des Catholiques.

Voici encore un fait intéressant qui s’y rapporte.

Lors de la réformation, les bénédictins du prieuréSt Pierre, et à leur tête leur prieur Olivier de Hochberg (*),se retirèrent en Franche-Comté , en emportant avec euxtous leurs actes et manuscrits, et ainsi disparurent unefoule de pièces qui auraient été d’un grand prix pournotre histoire. Ils trouvèrent un asile dans différensmonastères de ce pays-là , surtout à Montbenoît, et leursprécieux documens restèrent ensevelis au fond des biblio-thèques monacales jusqu’à la première révolution fran-çaise. Les religieux durent de nouveau prendre la fuite,mais cette fois à la hâte et sans pouvoir rien emporter ;les couvents furent pillés, leurs manuscrits et anciensactes brûlés, souvent même par les mains du bourreau,au nom de la liberté et de l’égalité. Un jour, deux de cesmoines fugitifs arrivèrent à Môtiers-Travers. Ayant ap-pris le nom du village où ils se trouvaient, ils s’infor-mèrent aussitôt si dans quelqu’une des forêts voisines nese trouvait pas un endroit dont il était souvent fait men-tion dans leurs actes. A la description qu’ils en donnè-rent, on s’aperçut qu’ils voulaient parler du Tilleul dela vierge. Ils demandèrent à y être conduits , et reconnu-rent parfaitement l’identité de cette localité avec celle dontil était question dans leurs vieux parchemins.

Cette anecdote mérite d’être rapportée, car elle con-firme la tradition, en même temps quelle nous apprend

(*) Olivier de Hochberg, dernier prévôt du chapitre de Neuchâtel , pro-tonotaire apostolique du St Siège, était devenu prieur de Saint Pierre aMotiers-Travers, après la dissolution du chapitre le U novembre io30. Ille fut jusqu’en 1537.