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« huitième devant le consistoire. M. Roussseau au lieu de« s’y rendre en personne , y envoya une lettre qui occa-« sionna beaucoup de débats dans le consistoire où le« castellan et les quatre anciens n’ont jamais voulu con-« venir que M. Rousseau étoit l’Antéchrist , et que le« salut de l’état dépendoit de sa condamnation. Cette« discordance de sentimens fit porter la cause au conseil« detat, pour y demander si le consistoire étoit autorisé« à prononcer définitivement en matière de dogmes de«foi, et à faire exécuter à la rigueur ses jugemens.« Le conseil d’état fit là-dessus deux décrets ; par le« premier, il déclara que le consistoire n’a point de droit« de traiter sur ce qui regarde le dogme, et par le« second, que M. Rousseau étoit sous la protection du«susdit conseil, et qu’en conséquence toute procédure« contre lui seroit défendue. »
N° 19.
A Métiers, le 10 juin 1765.
A Monsieur le colonel Pury.
Je ne puis, mon colonel, répondre à votre dernièrelettre que par des remercîmens, parce qu’elle est restéedans mon sac de nuit à Yverdon , et que je perds si en-tièrement la mémoire, que malgré l’intérêt que je prendsà ce qu’elle contient, je l’ai totalement oublié. Je viensde relire la brochure qu’elle accompagnoit, et dont Fauchem’a envoyé ici un autre exemplaire ; je crois que vouscomprenez toutes les sortes de plaisirs que m’a fait salecture. Je suis pourtant un peu inquiet de quelquechose qui est entre les pages 5 et 6 , et dont les Lamas