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2 (1848) Terrain quaternaire ou diluvien et terrain tertiaire / par A. d'Archiac ; publiée par la Société Géologique de France, sous les auspices de M. le Ministre de l'instruction publique
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MASSIF DES ALPES .

varie de 10 à 30 mètres. Leur grand axe est dirigé dans le sensdu cours des eaux. Ordinairement plus élevés et plus larges enamont, ils se terminent en mourant en aval. Leurs contours sontarrondis et ils sont presque entièrement formés de sable fin.

3° La troisième forme des dépôts de transport est celle deterrasse, composée dune plate-forme ou partie supérieure, planeet horizontale, et dun talus incliné , interrompu quelquefois pardes ressauts ou banquettes parallèles à la plate-forme. Le plan dutalus est toujours sensiblement parallèle au cours du fleuve. Auconfluent de deux cours deau, la terrasse devient un delta hori-zontal.

M. Martins démontre ensuite que les terrasses, les césars et lescaps formés de matières alluviales doivent leur origine à un régimedes eaux différent de celui que nous observons aujourdhui ;recherchant létat de choses sous lempire duquel ils se sont dépo-sés, il croit que leurs matériaux peuvent provenir des morainesdanciens glaciers dont la fonte inégale aura occasionné de grandesmasses deau, dans lesquelles des couranls disposaient les maté-riaux meubles sous les diverses formes indiquées. Ainsi lexis-tence de ces glaciers expliquerait laccumulation de ces massesénormes de débris dans les hautes vallées, et leur fusion, lesformes régulières, la stratification horizontale et lusure des élé-ments des dépôts erratiques.

De son côté, M. A. Guyot (1), qui a étudié avec autant desoin le bassin erratique du Rhin que celui du lthône, regarde laligne du Jura comme ayant servi de barrière sur toute sa longueurau dépôt erratique alpin qui ne la point franchie, môme vers leconfluent de lAar et du Rhin , la chaîne sabaisse beaucoup.

Les roches erratiques du bassin du Rhin proviennent des valléesdu Rhin antérieur, du Rhin moyen et de lAlbula . Ces deux der-nières se réunissent dans le Domleschy, pour se joindre, au-dessusde Coire , à celle du Rhin antérieur. Après avoir tracé les limites dece dépôt, lauteur fait voir que le phénomène erratique nest pasnécessairement lié à la présence des roches cristallines, puisquedes sommets et des vallées du Sentis et du Kurfürsten sontdescendus les fragments calcaires , anguleux ou arrondis, dun-

(1) Note sur le bassin erratique du Rhin . (Bull, de la Soc. dessc. nat. de Neuchâtel , mai et déc. 1845.)