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EUHOl’Ji MERIDIONALE.
En se dirigeant de Rome vers Civila-Vecchia et Corneto, on voitaffleurer constamment les couches tertiaires; mais au-delà de celtedernière ville , et même près de Civita-Vecchia , la distinction desterrains tertiaire et quaternaire devient plus difficile. On observe ,en effet, le long de la côte , et surtout au pied des collines de Cor-nelo, des bancs de sable endurci avec cailloux ou panchina, puisnon loin du Mignone des bancs avec Huîtres, et de nombreux stratesde marnes sablonneuses et de gravier fossilifère. Ceux-ci, par leurposition au bas des couches sub-apennines, par lanaturc de leurs cail-loux souvent d’origine volcanique et par leurs coquilles plus ré-centes , doivent être postérieurs aux roches sub-apennines, ainsiqu’aux roches et aux tufs volcaniques dont la formation a séparéles deux dépôts marins et de gravier.
Au pont de l’Arrone , il y a sur une hauteur de 25 mètres, àpartir du niveau de la mer, des alternances de gravier en partievolcanique, de marnes et de sable coquillier, avec des lits subor-donnés de puinile. Les 25 espèces de coquilles que M. Parelo y arecueillies sont toutes vivantes sur la côte. Ces couches s’étendentd’ailleurs sur beaucoup d’autres points et se rattachent à des tufset à des marnes lacustres. Elles sont du même âge que le poudingueou grès grossier des côtes de Livourne , etc., et nous verrons pluslard qu’elles se lient également aux tufs volcaniques qui accompa-gnent les roches ignées des États-Romains. M. de la Marmora (1)les avait fait d’ailleurs connaître depuis longtemps , de même que
d'hippopotame, de cerf, de bœuf, etc., associés à des coquilles la-custres («). M. P. Pianciani (b) a réfuté l’opinion qui rappor-tait à l’époque romaine des débris de ces mêmes mammifères re-cueillis sur le mont Aventin , et il a fait voir que la couche qui lesrenfermait n’avait jamais été remuée , et qu’aucune trace de l’in-dustrie humaine ne s’y était rencontrée.
M. Bertrand Geslin (r) a rapporté le dépôt de transport à osse-ments du val d’Arno supérieur au terrain d’atterrissement ancien duDauphiné et de la Provence, mais il semblerait le regarder commequaternaire, car il dit aussi , quelques lignes plus haut (p. 170) ,qu’il suppose ce dépôt contemporain de celui qui, dans le Plaisantinet le Siennois recouvre les sables jaunes tertiaires supérieurs.
(1) Mém. de TAcad. r. des sc. de Turin , vol. XXXVIII, p. 51 ,1835.