s3o MEMOIRES DE NAPOLÉON,
lorsqu’il apprit l’insurrection de Pavie et de tousles villages de cette province, que la divisionAugereau avait quittée depuis le 20. Une légèrecommotion s’était même fait sentir à Milan . Ilrepartit aussitôt pour cette capitale avec 3 oochevaux, six pièces d’artillerie et un bataillonde grenadiers; il y arriva le soir même et trouvale calme rétabli : la garnison de la citadelle, quiavait fait une sortie pour favoriser cette révolte,était rentrée dans ses remparts; les groupesétaient entièrement dissipés. Il continua sa routesur Pavie, se faisant précéder par l’archevêquede Milan, et envoyant des agents dans toutes lesdirections avec des proclamations, pour éclairerles paysans. Cet archevêque était un vieillard dequatre-vingts ans, de la maison Visconti, res-pectable pour son âge et son caractère, mais sansesprit ni réputation; sa mission n’eut aucunsuccès : il ne persuada personne. Les insurgésde Pavie, qui devaient se joindre à la garnisondu château de Milan, avaient poussé une avant-garde de 800 hommes jusqu’à Binasco . Lannesl’attaqua : Binasco fut pris, pillé, brûlé ; on es-pérait que l’incendie, qui pouvait se voir desmurs de Pavie, imposerait à cette ville;il n’enfut rien : 8 à 10,000 paysans s’y étaient jetés ets’en étaient rendus maîtres ; ils étaient conduitspar des hommes turbulents et des agents de