DES CATACOMBES. 54*
est l’ordre que la mort a voulu établir dans son em-pire ; voilà comme elle nous instruit, comme elle nousapprend que le monde n’est qu’un vaste théâtre, oùtous les hommes viennent successivement jouer lerôle qui leur a été assigné, et se faire applarudir ou sif-fler. Quand la toile se baisse, les acteurs se déshabillent,l’un quitte la pourpre, l’autre les haillons de la mi-sère; le docteur, sa fourrure; l’avocat, sa robe;le président, sa simarre ; le drame est terminé : bonsoir la compagnie.
C’est dans les Catacombes de Paris que j’aimeraisà placer la chaire de Bossuet , pourvu toutefois qu’ilvoulût bien y monter lui-même, et ne pas céder saplace aux orateurs modernes. Il me semble que sojitalent, déjà si. grand près d’un tombeau, qui don-nait à la mort un langage si énergique , et foudroyaitavec tant d’empire toutes les vanités humaines, s’a-grandirait encore au milieu des débris de tant degénérations. Bientôt, s’élançant dans l’avenir, et tra-versant les siècles comme des instans, if rendrait la vieà la mort, passerait du repos au réveil ( 1 ) ; e t pein-drait ce jour terrible qui doit rendre tous les hommescontemporains. Doutez-vous de l’effet que produiraitce tableau sur des auditeurs dont tout servirait icià enflammer l’imagination, et à saisir les coeurs d’uneffroi religieux ? Chacun ne croirait-il point voir
(i) Qui donnimit in terres pulvere crigiltxbunt-