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2 (1855) L' homme - Les quadrupèdes / Georges-Louis Leclerc de Buffon ; Flourens
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LE RATON.

nent la facilité de grimper aisément sur les arbres; il monte légèrementjusquau-dessus de la tige, et court jusquà lextrémité des branches; il vatoujours par sauts, il gambade plutôt quil ne marche, et ses mouvements,quoique obliques, sont tous prompts et légers.

Cet animal est originaire des contrées méridionales de lAmérique : on nele trouve pas dans lancien continent, au moins les voyageurs qui ontparlé des animaux de lAfrique et des Indes orientales nen font aucunemention; il est au contraire très-commun dans le climat chaud de lAmé­ rique , et surtout à la Jamaïque ", il habite dans les montagnes et endescend pour manger des cannes de sucre. On ne le trouve pas en Canada ,ni dans les autres parties septentrionales de ce continent, cependant il necraint pas excessivement le froid ; M. Klein 6 en a nourri un à Dantzick, etcelui que nous avions a passé une nuit entière les pieds pris dans de laglace, sans quil ait été incommodé.

Il trempait dans leau, ou plutôt il détrempait tout ce quil voulait man-ger; il jetait son pain dans sa terrine deau, et ne len retirait que quandil le voyait bien imbibé, à moins qu'il ne fut pressé par la faim, car alorsil prenait la nourriture sèche, et telle quon la lui présentait; il furetaitpartout, mangeait aussi de tout, de la chair crue ou cuite, du poisson, desœufs, des volailles vivantes, des grains, des racines, etc.; il mangeait ausside toutes sortes dinsectes; il se plaisait à chercher les araignées, et lors-quil était en liberté dans un jardin il prenait les limaçons, les hannetons,les vers. Il aimait le sucre, le lait, et les autres nourritures douces par-dessus toute chose, à lexception des fruits, auxquels il préférait la chair,et surtout le poisson. Il se retirait au loin pour faire ses besoins; au resteil était familier et même caressant, sautant sur les gens quil aimait, jouantvolontiers et dassez bonne grâce, leste, agile, toujours en mouvement; ilma paru tenir beaucoup de la nature du maki, et un peu des qualitésdu chien.

LE COATI. *

Plusieurs auteurs ont appelé coati-mondi lanimal dont il est ici question :nous lavons eu vivant, et après lavoir comparé au coati indiqué par The-vct et décrit par Marcgrave, nous avons reconnu que cétait le même ani-mal quils ont appelé coati tout court, et il y a toute apparence que le

a. Voyez l'Histoire naturelle de la Jamaïque , par Hans Sloane . Londres , 1725, in-folio,t. II, p. 329, en anglais .

b. Klein, De quadrup., p. 62.

* M. Cuvier admet deux espèces de coati: le roux (viverra nasua, Linn. ), et le brun{viverra narica. Linn. ).