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3 (1855) Les quadrupèdes / Georges-Louis Leclerc de Buffon ; Flourens
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ANIMAUX DE LANCIEN CONTINENT.

Nous avons vu vivants le couguar et le chat-pard ; nous nous sommes doncassurés quils sont chacun dune espèce différente entre eux, et encore plusdifférente de celle du tigre et de la panthère; et à légard du puma et dujaguar, il est évident, par les descriptions de ceux qui les ont vus, que lepuma nest point un lion, ni le jaguar un tigre; ainsi nous pouvons pro-noncer sans scrupule que le lion, le tigre et môme la panthère ne se sontpas plus trouvés en Amérique que léléphant, le rhinocéros, lhippopotame,la girafe et le chameau. Toutes ces espèces ayant besoin dun climat chaudpour se propager, et nayant jamais habité dans les terres du Nord, nontpu communiquer ni parvenir en Amérique : ce fait général, dont il neparaît pas quon se fût seulement douté, est trop important pour ne le pasappuyer de toutes les preuves qui peuvent achever de le constater; conti-nuons donc notre énumération comparée des animaux de lancien continentavec ceux du nouveau.

Personne nignore que les chevaux, non-seulement causèrent de la sur-prise, mais môme donnèrent de la frayeur aux Américains lorsquils lesvirent pour la première fois : ils ont bien réussi dans presque tous lesclimats de ce nouveau continent, et ils y sont actuellement presque aussicommuns que dans lancien °.

Il en est de même des ânes, qui étaient également inconnus, et qui ontégalement réussi dans les climats chauds de ce nouveau continent; ils ontmême produit des mulets, qui sont plus utiles que les lamas pour porterdes fardeaux dans toutes les parties montagneuses du Chili , du Pérou , dela Nouvelle-Espagne, etc.

Le zèbre h est encore un animal de lancien continent, et qui na peut-être jamais été transporté ni vu dans le nouveau; il paraît affecter unclimat particulier et ne se trouve guère que dans cette partie de lAfrique qui sétend depuis léquateur jusquau cap de Bonne-Espérance .

Le bœuf ne sest trouvé ni dans les îles ni dans la terre ferme de lAmé­ rique méridionale : peu de temps après la découverte de ces nouvellesterres, les Espagnols y transportèrent dEurope des taureaux et des vaches.

a. Tous les chevaux, dit Garcilasso, qui sont dans les Indes espagnoles, viennent des che-vaux qui furent transportés dAndalousie , dabord dans Pile de Cuba et dans celle de Saint- Domingue , ensuite à celle de Barlovento,' ils multiplièrent si fort, qu'il sen répandit dansles terres inhabitées, ils devinrent sauvages, et pullulèrent dautant plus quil ny avaitpoint danimaux féroces dans ces lies qui pussent leur nuire , et parce quil y a de lherbeverte toute lannée. Histoire des Incas . Paris , 1744. Ce sont les Français qui ont peuplé leslies Antilles de chevaux; les Espagnols ny en avaient point laissé comme dans les autres îleset dans la terre ferme du nouveau continent. M. Aubert, second gouverneur de la Guadeloupe ,a commencé le premier pré dans cette île et y a fait apporter les premiers chevaux. Histoiregénérale des Antilles , par le P. du Tertre. Paris , 1667, t. II, p. 289.

b. Zébra. Ray, Syn. quad. , p. 69. Edwards, Gleanings of nalural Hislory. London, 1758,p. 27 et 29. Ane sauvage. Kolbe, t. III, p. 22. Le Zèbre ou lAne rayé. Brisson, Règneanimal, p. 101.