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ments, etc. Mais avant d’entrer dans le détail que ce sujet exige», conti-nuons nos recherches sur les causes qui constituent l’instinct et modifientla nature des oiseaux.
L’homme, supérieur à tous les êtres organisés, a le sens du toucher, etpeut-être celui du goût, plus parfait qu’aucun des animaux, mais il estinférieur à la plupart d’entre eux par les trois autres sens; et, en ne com-parant que les animaux entre eux, il paraît que la plupart des quadrupèdesont l’odorat plus vif, plus étendu que ne l’ont les oiseaux ; car, quoi qu’ondise de l’odorat du corbeau, du vautour, etc., il est fort inférieur à celuidu chien, du renard , etc. : on peut d’abord en juger par la conformationmême de l’organe ; il y a un grand nombre d’oiseaux qui n’ont point denarines, c’est-à-dire point de conduits ouverts au-dessus du bec 1 , en sortequ’ils ne peuvent recevoir les odeurs que par la fente intérieure qui estdans la bouche; et dans ceux qui ont des conduits ouverts au-dessus dubec l , et qui ont plus d’odorat que les autres, les nerfs olfactifs sont néan-moins bien plus petits proportionnellement, et moins nombreux, moinsétendus que dans les quadrupèdes : aussi l’odorat ne produit dans l’oiseauque quelques effets assez rares, assez peu remarquables, au lieu que, dansle chien et dans plusieurs autres quadrupèdes, ce sens paraît être la sourceet la cause principale de leurs déterminations et de leurs mouvements.Ainsi le toucher dans l’homme, l’odorat dans le quadrupède, et l’œil dansl’oiseau, sont les premiers sens, c’est-à-dire ceux qui sont les plus parfaits,ceu* qui donnent à ces différents êtres les sensations dominantes*.
Après la vue, l’ouïe me paraît être le second sens de l’oiseau, c’est-à-dire le second pour la perfection; l’ouïe est non-seulement plus parfaite quel’odorat, le goût et le toucher dans l’oiseau, mais même plus parfaite quel’ouïe des quadrupèdes; on le voit par la facilité avec laquelle la plupart
а. Nous donnerons dans un autre discours les faits qui ont rapport à la migration desoiseaux.
б. Il y a ordinairement à la partie supérieure du bec, deux petites ouvertures, qui sont lesnarines de l’oiseau; quelquefois ces ouvertures extérieures de l’oiseau manquent tout à fait, ensorte que dans ce cas les odeurs ne pénètrent Jusqu’au sens de l’odorat que par la fente inté-rieure qui est dans la bouche comme dans quelques palettes, les cormorans, l’onocrotal. —Dans le grand vautour, les nerfs olfactifs sont très-petits à proportion. Hist. de l’Acad. des Sc.,t. I, p. 430.
1. Dans les pélicans, les frégates, les cormorans, etc., la narine petite, et située très-près dela racine du bec, est précédée d’un sillon qui règne tout le long de ce bec. Dans le genre des fousou boubies, le sillon existe, mais il ne conduit à aucun trou : il n'y a pas d'ouverture nasaleextérieure.
2. Voyîz la page 526 du II e volume et la note de cette page. — Ces vues sur la prédomi-nance relative des divers sens dans les diverses classes sont au nombre des plus belles deBufTon. — « Ses idées concernant l’influence qu’exercent la délicatesse et le degré de développa-it menî de chaque organe sur la nature des diverses espèces sont des idées de génie qui feronto désormais la base de l’histoire naturelle philosophique, et qui ont rendu tant de services à« l’art des méthodes qu’elles doivent faire pardonner à leur auteur le mal qu’il a dit de cet art.»( Cuvier. )