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Tome cinquième.
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Dl&COURS

ments, etc. Mais avant dentrer dans le détail que ce sujet exige», conti-nuons nos recherches sur les causes qui constituent linstinct et modifientla nature des oiseaux.

Lhomme, supérieur à tous les êtres organisés, a le sens du toucher, etpeut-être celui du goût, plus parfait quaucun des animaux, mais il estinférieur à la plupart dentre eux par les trois autres sens; et, en ne com-parant que les animaux entre eux, il paraît que la plupart des quadrupèdesont lodorat plus vif, plus étendu que ne lont les oiseaux ; car, quoi quondise de lodorat du corbeau, du vautour, etc., il est fort inférieur à celuidu chien, du renard , etc. : on peut dabord en juger par la conformationmême de lorgane ; il y a un grand nombre doiseaux qui nont point denarines, cest-à-dire point de conduits ouverts au-dessus du bec 1 , en sortequils ne peuvent recevoir les odeurs que par la fente intérieure qui estdans la bouche; et dans ceux qui ont des conduits ouverts au-dessus dubec l , et qui ont plus dodorat que les autres, les nerfs olfactifs sont néan-moins bien plus petits proportionnellement, et moins nombreux, moinsétendus que dans les quadrupèdes : aussi lodorat ne produit dans loiseauque quelques effets assez rares, assez peu remarquables, au lieu que, dansle chien et dans plusieurs autres quadrupèdes, ce sens paraît être la sourceet la cause principale de leurs déterminations et de leurs mouvements.Ainsi le toucher dans lhomme, lodorat dans le quadrupède, et lœil dansloiseau, sont les premiers sens, cest-à-dire ceux qui sont les plus parfaits,ceu* qui donnent à ces différents êtres les sensations dominantes*.

Après la vue, louïe me paraît être le second sens de loiseau, cest-à-dire le second pour la perfection; louïe est non-seulement plus parfaite quelodorat, le goût et le toucher dans loiseau, mais même plus parfaite quelouïe des quadrupèdes; on le voit par la facilité avec laquelle la plupart

а. Nous donnerons dans un autre discours les faits qui ont rapport à la migration desoiseaux.

б. Il y a ordinairement à la partie supérieure du bec, deux petites ouvertures, qui sont lesnarines de loiseau; quelquefois ces ouvertures extérieures de loiseau manquent tout à fait, ensorte que dans ce cas les odeurs ne pénètrent Jusquau sens de lodorat que par la fente inté-rieure qui est dans la bouche comme dans quelques palettes, les cormorans, lonocrotal.Dans le grand vautour, les nerfs olfactifs sont très-petits à proportion. Hist. de lAcad. des Sc.,t. I, p. 430.

1. Dans les pélicans, les frégates, les cormorans, etc., la narine petite, et située très-près dela racine du bec, est précédée dun sillon qui règne tout le long de ce bec. Dans le genre des fousou boubies, le sillon existe, mais il ne conduit à aucun trou : il n'y a pas d'ouverture nasaleextérieure.

2. Voyîz la page 526 du II e volume et la note de cette page. Ces vues sur la prédomi-nance relative des divers sens dans les diverses classes sont au nombre des plus belles deBufTon. « Ses idées concernant linfluence quexercent la délicatesse et le degré de développa-it menî de chaque organe sur la nature des diverses espèces sont des idées de génie qui feronto désormais la base de lhistoire naturelle philosophique, et qui ont rendu tant de services à« lart des méthodes quelles doivent faire pardonner à leur auteur le mal quil a dit de cet art.»( Cuvier. )