Band 
Tome cinquième.
Seite
26
JPEG-Download
 

26

Discouns

de l'amour, qui saltère ensuite et séteint comme la flamme de ce feu satis-fait, indique un rapport physique entre les organes de la génération et ceuxde la voix, rapport qui paraît avoir une correspondance plus précise et deseffets encore plus étendus dans loiseau. On sait que, dans lhomme, la voixne devient pleine quaprès la puberté; que, dans les quadrupèdes, elle serenforce et devient effrayante dans le temps du rut : la réplétion des vais-seaux spermatiques, la surabondance de la nourriture organique, excitentune grande irritation dans les parlies de la génération ; celles de la gorgeet de la voix paraissent se ressentir plus ou moins de cette chaleur irritante;la croissance de la barbe, la force de la voix, lextension de la partie géni-tale dans le mâle, laccroissement des mamelles, le développement descorps glanduleux dans la femelle, qui tous arrivent en même temps, indi-quent assez la correspondance des parties de la génération avec celles dela gorge et de la voix. Dans les oiseaux, les changements sont encore plusgrands : non-seulement ces parties sont irritées, altérées ou changées parces mêmes causes, mais elles paraissent même se détruire en entier pourse renouveler : les testicules, qui, dans lhomme et dans la plupart desquadrupèdes, sont à peu près les mêmes en tout temps, se flétrissent dansles oiseaux, et se trouvent, pour ainsi dire, réduits à rien après la saison desamours, au retour de laquelle ils renaissent, prennent une vie végétative etgrossissent au delà de ce que semble permettre la proportion du corps; lechant, qui èesse et renaît dans les mêmes temps, nous indique des altéra-tions relatives dans le gosier de loiseau, et il serait bon dobserver sil nese fait pas alors dans les organes de sa voix quelque production nouvelle,quelque extension considérable, qui ne dure quautant que le gonflementdes parties de la génération.

Au reste, lhomme paraît encore avoir influé sur ce sentiment damour,le plus profond de la nature ; il semble au moins quil en ait étendu la duréeet multiplié les effets dans les animaux quadrupèdes et dans les oiseauxquil retient en domesticité ; les oiseaux de basse-cour et les quadrupèdesdomestiques ne sont pas bornés, comme ceux qui sont libres, à une seulesaison, à un seul temps de rut; le coq, le pigeon, le canard , peuvent,comme le cheval, le bélier et le chien, sunir et produire presque en toutesaison, au lieu que les quadrupèdes et les oiseaux sauvages, qui 11ont reçuque la seule influence de la nature, sont bornés à une ou deux saisons, etne cherchent à sunir que dans ces seuls temps de lannée.

Nous venons dexposer quelques-unes des principales qualités dont lanature a doué les oiseaux; nous avons tâché de reconnaître les influencesde lhomme sur leurs facultés-, nous avons vu quils lemportent sur lui etsur tous les animaux quadrupèdes, par létendue et la vivacité du sens dela vue, par la précision, la sensibilité de celui de loreille, par la facilitéet la force de la voix, et nous verrons bientôt quils lemportent encore de