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repasser la rivière Delaware. Il eût été témé-raire de combattre. A l’exemple de Fabius, ilopéra sa retraite en bon ordre, quoique suivi deprès par l’ennemi, qui arriva à la vue de la der-nière embarcation. Pour relever le courage deses soldats , et leur montrer que les troupes an-glaises n’étaient pas invincibles , il tenta un as-saut contre Trenton , et ayant aperçu un corpsde deux mille Anglais hors du poste de Borden-town, sous les ordres du colonel Donep, quimarchait contre quatre cent cinquante jeunesrecrues envoyés au Mont-IIolly, à la distance dedouze milles , il repassa la Delaware sur laglace; et, le 26 décembre 1776, avec deuxmille huit cents hommes , il prit un train d’ar-tillerie, et fit mille prisonniers. L’armée triom-phante ayant bloqué les Anglais à Brunswick ,s’avança jusqu’à Morristown , en perdant quel-ques hommes et un officier de distinction, lecolonel Mercer. Dans le même temps, un sin-gulier exemple de la conduite mipolitique desanglais servit la cause Américaine. A New-Jersey et à New-York , il parut une proclamation pro-mettant protection à tous ceux qui, dévoués à lacause royale, viendraient prêter serment defidélité ; et cette promesse fut ensuite honteu-sement violée : les malheureux habitans, aulieu de recevoir la récompense promise, fu-