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Ce n’étoit pas seulement la tendresseet un sentiment de pitié qui donnoientcette curiosité à Aspar. Il vouloit atta-cher cet homme extraordinaire à lacour de Uactriane ; il désiroit de con-noitre à fond un hoznme qui étoit déjàdans l’ordre de ses desseins , çt qu’ildestinoit dans sa pensée aux plus grandeschoses.
• L’étranger se recueillit un moment,et commença ainsi :
L’amour a fait tout le bonheur et toutle malheur de ma vie. D’abord il i’avoifsemée de peines et de plaisirs ; il n’y alaissé dans Ja suite que les pleurs, lesplaintes et les regrets.
Je suis né dans la Médie, et je puiscompter d’illustres aïeux. Mon pèreremporta de grandes victoires à la tètedes armées des Mèdes. Je le perdis dansmon enfance, et ceux qui m’élevèrentme firent regarder ses vertus commeJa plus belle partie de son héritage.
A l'âge de quinze ans, on. m’établit.On ne me donna point ce nombre pro-digieux de femmes dont on accable enMédie les gens de ma naissance. Onvoulut suivre la nature, et m’apprendreque, si les besoins des sens éloient