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7 (1805) Lettres familières
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8 A R S À C E

Je ne vis dans cette grande alliance quela perte de ce que javois dans le mondede plus cher; mais il me fallut dévorermes larmes , et montrer de la gaieté. Pen-dant que toute la cour me félicitoit dunefaveur dont elle est toujours enivrée,Ardasire ne demandoit point à me voir,et moi, je craignois sa présence , et je lacherchois. Jallai dans son appartement;jétois désolé. Ardasire, lui dis-jc , jevous perds.... Mais, sans me faire nicaresses ni reproches, sans lever les jeux,sans verser des larmes , elle garda unprofond silence ; une pâleur mortellerégnoit sur son visage, et jy vojois unecertaine indignation mélée de déses-poir.

Je voulus lembrasser; elle me parutglacée ; et je ne lui sentis de mouvementque pour échapper de mes bras.

Ce ne fut point la crainte de mourirqui me lit accepter' la princesse, et, sije navois tremblé pour Ardasire , jeme serois sans doute exposé à la plusaffreuse vengeance. Mais quand je mexeprésentois que mon refus seroit infailli-blement suivi de sa mort, mon esprit seîconfondoit, et je mabandonnois à monmalheur.