etIsménie. 9
Je fus conduit dans le palais du roi ,et il ne me fut plus permis d’en sortir.Je vis ce lieu fait pour l’abbattement detous, et les délices d’un seul; ce lieuoù, malgré le silence, les soupirs del’amour sont à peine entendus; ce lieu,où règrie la tristesse et la magnificence,où tout ce qui est inanimé est riant, ettout ce qui a de la vie est sombre ; oùtout se meut avec le maître , et touts’engourdit avec lui.
Je fus présenté le même jour à laprincesse ; elle pouvoit m’accabler deses regards, et il ne me fut pas permisde lever les miens. Etrange effet de lagrandeur! Si ses jeux pou voient parler,les miens ne pouvorent répondre. Deux;eunuques avoient un poignard à la main,prêts à expier dans mon sang l’affrontde la regarder.
Quel état pour un cœur comme lemien, d’aller porter dans mou lit l’escla-vage de la cour , suspendu enlre lescaprices et les dédains superbes, de nesentir plus que le respect, et de perdrepour jamais ce qui peut faire la consola-tion de la servitude même, la douceurd’aimer et d’èlre aimé !
'■ Mais quelle fut ma situation, lorsqu’uù