ET ISMÉNIÏ. l3
Je la quittai, et, plein d’impatienceet d’amour, j’allai par-tout donner mesordres. La porte de l’appartérnent de laprincesse lut fermée. Je pris tout ce cpieje pus emporter d’or et de pierreries. Jefis prendre à mes esclaves divers chemins,et partis seul avec Ardasirc dans l’hor-reur de la nuit ; espérant tout, craignanttout, perdant quelquefois mon audacenaturelle , saisi par toutes les passions ,quelquefois par les remords mêmes; nesachant si je suivois mon devoir, oul’amour, qui le fait oublier.
Je rie vous dirai point les périls in-finis ; que nous courûmes. Ardasire ,malgré la foiblesse de son sexe, în’en-courageoit; elle étoit mourante, et elleme suivoit toujours. Je fuyois la pré-sence des hommes ; car tous les hommesétoient devenus mes ennemis : je necherchois que les déserts. J’arrivai dansces montagnes qui sont remplies detigres' et de lions. La présence de cesanimaux me rassuroit. Ce n’est point ici,disois-je à Ardasire, que les eunuquesde la princesse et les gardes du roi deMédie viendront nous chercher. Maisenfin les bêtes féroces se multiplièrenttellement, que je commençai à craindre.