26 A R S A c t
» perdant un cœur qui ne brûle que» pour vous. Comment pouvez - vous» savoir si, ne vous voyant plus, j’aurai I» le courage de soutenir la vie P lit si je J» meurs, barbare ! pouvez-vous douter»» que ce ne soit par vous ? O Dieux !-■» par vous, Arsace ! Mon amour, si J» industrieux à s’affliger, ne m’avoit ja- 1» mais fait craindre ce genre de supplice. *» Je crojois que je n’aurots jamais à« pleurer que vos malheurs, et que je i» serois toute ma vie insensible sui\ les J
» miens.» ' j
Je ne pus lire cette lettre sans verser tdes larmes. Mon cœur lut saisi de trisrtesse; et au sentiment de pitié se joignitun cruel remords de faire le malheur dece que j’aimois plus que ma vie. i
11 me vint clans l’esprit d’engagerArdasire à venir à la cour ; je ne restaisur cette idée qu'un moment.
La cour de Margiane est presque laseule d’Asie où les femmes ne sont pointséparées du commerce des hommes. Leroi étoit jeune : je pensai qu’il pouvoittout, et je pensai qu’il pouvoit aimer.Ardasire auroit pu lui plaire, et cetteidée étoit pour moi plus effrajante quemille morts.