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Je fus reconduit auprès d’elle. Je luiracontai toute l’histoire de ma vie. Lors-que je lui parlois de mon amour , jel’entendois soupirer. Elle tenoit ma maindans la sienne , et dans ces momenstouchans, elle la serroit malgré elle.
Ilecommencez , me disoit une de sesfemmes , à cet endroit où vous lûtes sidésespéré, lorsque le roi de Médie vousdonna sa fille, Redites-nous les craintesque vous eûtes pour Ardasire dans votrefuite. Parlez à la princesse desplaisirs quevous goûtiez lorsque vous étiez dansvotre' solitude chez les Margiens.
Je n’avois jamais dit toutes les circons-tances : je répétois , et elle croyoit ap-prendre ; je finissois , et elle s’imaginoitque j’allois commencer.
Le lendemain je reçus ce billet :
« Je comprends bien votre amour,» et je n’exige point que vous me le» sacrifiiez. Mais êtes-vous sûr que cette» Ardasire vous aime encore ? Peut-» être refusez-vous pour une ingrate» le cœur d’une princesse qui vous» adore. »
Je fis cette réponse :
«Ardasire m’aime à un tel point, que»> je ne saurois demander auxDieux qu’ils
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