FAMILIÈRES. 20Ô
reverrez encore à Paris , se promenantdans son jardin avec sa petite canne,très-modeste admirateur des jésuites etdes médecins. Pour parler sérieusement,c’est un grand bonheur que cet excellenthomme vive encore , et nous aurionsperdu beaucoup vous et moi. Il com-mence toujours avec moi ses conversa-tions par ces mots : Avez-vous des nou-velles de M. Cérati? L’abbé de Guascoest de retour de son voyage de Langue-doc ou de Provence : vous l’avez vu unhomme de bien, il s’est perdu, commeDavid et Salomon. Le prince de Wur-temberg m’a dit qu’il avoit vingt et unel’emmes sur son compte ; il dit qu'ilaime mieux qu’on lui en donne vingt etune, qu’une, et il pourroil bien avoirraison. Au milieu de sa galanterie vaga-bonde, il ne laisse pas de remporter desprix à l’académie de Paris; il a gagné leprix de l’armée passée , et il vient degagner celui de celte année.
Je dois quitter Paris dans une quin-idée des médecins en général. Il vivoit d’unehonnête rente viagère qu’il s'éloil faite ; faisantbeaucoup d’aumônes aux pauvres, aux maladesindigens qu’il voyoit tous les jours, et aux per-sécutés pour cause de Jansénisme .