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Lettres
LETTRE XXXVIII.
A l’abbé comte DE G u A s c o.
IVIon cher abbé , ii est bon d’avoirl'esprit bien fait ; mais il ne faut pas êtrela dupe de l’esprit des autres. Monsieurl'intendant peut dire ce qu’il lui plait ; ilne sauroit se justifier d’avoir manqué deparole à l’académie, et de l’avoir induiteen erreur par de fausses promesses. Jene suis pas surpris que, sentant ses torts,il cherche à se justifier; mais vous, quiavez été témoin de tout, vous ne devezpoint vous laisser surprendre par desexcuses qui ne valent pas mieux que sespromesses. Je me trouve trop bien delui avoir rendu son amitié, pour en vou-loir encore. A quoi bon l’amitié d’unhomme en place, qui est toujours dansla méfiance; qui ne trouve juste que cequi est dans son système; qui ne saitjamais faire le plus petit plaisir, ni rendreaucun service ? Je me trouverai mieuxd’être hors de portée de lui en demanderni pojir les autres, ni pour moi ; car je
serai