Lettres
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LETTRE XL.
Au même.
Ce que vous me mandez par votrebillet d’hier , ne sauroit me déterminerà renoncer au principe que je me suis(1) fait. Depuis le futile de la Porte (2)jusqu’au pesant Dupin ( 3 ), je ne vois
( 1 ) De ne point répondre aux critiques deVEsprit des Loix.
(2) L’abbé de la Porte fut le premier qui osacritiquer l’Esprit des Loix dans ses feuilles pério-diques. On disoit dans le public qu’il y avoit étéinduit par M. Dupin , fermier général, qui corn-mençoit à escarmoucher par des troupes légères,envoyées en avant.
( 3 ) Ce fermier général fit ensuite imprimer àses frais une critique presque aussi étendue quel ’Esprit des Loix , qu’il distribua à ses connois-sances , à condition de ne point la prêter. On nemanqua cependant pas de faire tomber un exem-plaire de cette critique entre les mains de M. deMontesquieu; et dès qu’il eut parcouru quelquesparties de cette rapsodie , il dit qu’il ne valoit pasla peine de lire le reste , se reposant sur le pu-blic. En effet, la mauvaise foi qu’on découvritdans les citations des passages mutilés, à desseinde rendre l’auteur de l’Esprit des Loix odieux augouvernement, ainsi que les mauvais raisonne-mens, l’indignèrent au point, que M. Dupin crut