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Mémoire sur le projet d'un chemin de fer de Paris à Bordeaux, partant de l'entrepôt des vins à Paris : passant par Sceaux, Buc, Rambouillet, Maintenon, Chartres Châteaudun, Vendôme... / par Alexandre Corréard
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AYANT-PROPOS.

jai conçu le projet dexécuter un chemin de fer entre Paris et Versailles , qui est le point le plusfréquenté des environs de Paris . Et dès lors javais lintention de continuer cette ligne dabordjusquà Tours en passant à travers le cœur de la Beauce qui approvisionne en grande partie lacapitale, et ensuite jusquà Bordeaux , toujours en vue de favoriser les approvisionnements deParis soit en grains, soit en vins, soit en fruits de toute espèce que produit si abondammenttout le sud-ouest de la France .

En i 832 jai fait les études de mon avant-projet pour la partie comprise entre Paris et Ver­ sailles . En x 833 , jen ai fait les études définitives ; en 18 34 ? jai terminé celles de Versailles àTours .

Dans tous les Mémoires que jai publiés sur ce grave sujet, jai toujours annoncé lintentionde prolonger mes études jusquà Bordeaux ; je viens daccomplir cette promesse.

Cette grande ligne de Paris à Bordeaux se divise en deux parties; la seconde, celle de Tours à Bordeaux , va être soumise aux formalités légales.

La première les a toutes subies, il ne lui manque plus que la sanction législative. Elle lau-rait sans doute obtenue en 1 838 , si la chambre des députés navait pas été dissoute en 1807,car lusage et le règlement veulent quun projet de loi, dont le rapport a été fait à une sessionprécédente, soit discuté et voté à louverture de la session suivante. Or, le chemin de Paris àTours par Chartres avait été présenté à la chambre durant 1837, avec P ro j et de loi pour enautoriser lexécution ; et, après un mûr examen, la commission chargée du rapport avait àlunanimité, conclu à ladoption. Malheureusement pour ce chemin la chambre ne put, avantla fin de la session , voter aucun des grands projets de chemin qui lui étaient soumis; elle futdissoute et il fallait présenter de nouveau notre projet à la nouvelle chambre.

Malgré ce contre-temps, nous avons jugé à propos de nous assurer davance les fonds néces-saires. Persuadé quun projet qui avait réuni tant de suffrages, qui était si vivement sollicité partoutes les autorités locales et par toutes les populations répandues sur son parcours, trouveraitde nombreux souscripteurs dans le monde financier, parmi les industriels, surtout parmi lespropriétaires des localités riveraines, nous avons pensé quil suffirait de publier une notice,énonçant avec simplicité et loyauté les avantages de cette entreprise. Cest ce que nous avonsfait, et le public sest porté en foule dans les bureaux de souscription. En moins de six semaines,non-seidement le capital (60 millions) a été souscrit, mais encore il y a des demandes pour3 o millions en sus. Et, quoique lon eût annoncé quil 11e serait rien payé à lavance, un nombreconsidérable de souscripteurs 11ont point voulu tenir compte de cet avis, et plus de 3 millionsont été versés dans la caisse du banquier de la compagnie. Jamais souscription si colossale n'aété remplie en aussi peu de temps et sans le secours des manœuvres de lagiotage.

Cest alors que des spéculateurs, des dépeceurs dentreprises, des traficants dactions, quiavaient gagné 5 millions en manipulant les coupons, jallais dire les assignats de la petite lignede Paris à Versailles , et qui, affriandés par cette première curée, convoitaient déjà la grandeligne de Paris à Tours , mirent tout en œuvre pour empêcher que la concession directe nen fûtaccordée à lauteur du projet; mieux valait à leurs yeux que la loi ne fût pas présentée. Aussine le fut-elle point. Ces hommes parlent avec adresse et manœuvrent encore plus habilement.

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