i& CHAPITRE PREMIER.
vous donner, mais dont vous ne serez peut-être pas fâchés de retrouver ici l’ensemble, ne fon<
fut-ce que pour 1 offrir à ceux de vos concitoyens dont le concours pourrait être utile, à vos de 1
autorités administratives dont l’assistance incessante sera si nécessaire, à vos députés dont la t
conviction et la persévérance aplaniraient beaucoup les difficultés. nah
Comme d’ailleurs cet ouvrage, imprimé en assez grand nombre, s’adresse aussi aux popu- de s
lations intéressées, permettez-moi, Messieurs, d’y prendre quelques libertés de style et de navi
formes, d’y ajouter des choses sans doute inutiles pour vous; en un mot, de lui donner la tour- ceril
nure familière d’un avertissement général; je pourrai ainsi offrir des renseignements néces- ] a ]j|
saires et m’appuyer de certaines maximes, devenues triviales, mais qu’on oublie toujours pré- g’aicl
cisément lorsqu’il faudrait les mettre en pratique. ciati
Deux localités ont un égal besoin de voies de communication : l’une les obtient prompte- q
ment, l’autre les attend long-temps ou toujours; celle-ci ne manque pas d’accuser de partialité s ’ en (
les chambres et le gouvernement. Cela est-il juste? non, si la première a fait tous ses efforts denc
pour réussir, et si la seconde s’est endormie. c ] e n
Aide-toi, le ciel t’aidera; Jupiter veut qu’on se remue, disent les dieux de la fable au charre- train
tier embourbé. Frappez et on vous ouvrira, demandez et vous obtiendrez, nous dit l’Évangile. raier
Ainsi, de tous temps, en tous lieux, et pour toutes choses, la sagesse divine commande à qui n
a besoin de secours, de s’aider, de se remuer, de frapper, de demander; et l’expérience uni- écarl
yerselle conseille d’insister, de revenir à la charge cent fois, mille fois s’il en est besoin. En la ra]
toutes choses, ou peu s’en faut, le succès est à ce prix. des g
Appuyons ce précepte d’un exemple récent, bien notable, et dont l’autorité est ici tout àfait décisive. Im
On n’a pas encore oublié l’affaire si fameuse des canaux et de la canalisation des rivières. Dans De
le centre et dans le midi, comme dans le nord, le gouvernement envoya des ingénieurs faire les autreétudes. Certainement, il ne leur avait pas recommandé de favoriser le nord plus que le midi Su
et le centre ; tous ces ingénieurs avaient un égal intérêt à faire le plus et le mieux possible pour chost
les départemens où ils opéraient. Mais le centre et le midi, où brillent tant d’intelligence et vage,d’activité, se dirent : Laissons faire ^gouvernement et ses ingénieurs; le nord, où l’industrie fonds
manufacturière a plus avancé l’esprit^d’association, où le caractère local, plus persévérant, eaux
se rebute moins de la lenteur des formes légales, et suit avec un zèle plus constant les affaires geursadministratives, le nord s’est dit : Laissons faire le gouvernement et ses ingénieurs, poussons- Si ]
les sans cesse, et de plus faisons aussi nous-mêmes, avec des ingénieurs à nous. Les départe- coma
ments du nord ont donc formé ou accueilli et soutenu de riches compagnies, dont les ingénieurs ùéjà I
ont fait promptement les études nécessaires ; la partie éclairée des populations s’est portée aux n iageienquêtes légales; les autorités, partageant le zèle général, ont pressé l’envoi, l’examen, l’au- ll >arcl
torisation des projets, et qu’est-il arrivé? au bout de quelque temps le midi et le centre accu- Qu
saient le gouvernement d’avoir beaucoup favorisé le nord, où les travaux marchaient bien et f°r
plus vite que partout ailleurs. Mais, en conscience, était-ce bien le nord que le gouvernement ^ ll r °'
de cette époque aurait pensé à favoriser? eb! non; le nord s’était favorisé lui-même ; il s’était SUrt ° laidé, remué; il avait frappé, demandé, insisté; il s’était associé et avait fait lui-même tous les