CHAPITRE PREMIER.
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ou arrêtent, des vents contraires qui écartent souvent bien loin de la route à suivre ; une hu-midité dont il est fort difficile de se garantir, des passes dangereuses en tous temps, des radespeu sûres, des parages inabordables par certains vents et en certaines saisons, et la prudenceimpose à l’économie des frais d’assurance contre les risques de mer et aussi contre les risquesde guerre. La guerre enchaîne souvent et longtemps la navigation maritime, même le simplecabotage.
Et puis sur la mer, sur les rivières, sur les canaux, sur les routes ordinaires, la fraude voleune partie des liquides, et pour cacher ses larcins gâte presque toujours le reste en remplissantles futailles avec de l’eau; sur la Loire, ces rapines, jointes aux déchets, ne sont jamais évaluéesà moins de 10, i 5 , 20 et a 5 pour cent, suivant la durée du voyage; abus ruineux auquel on.n’a pas encore su remédier.
Les chemins de fer ne présentent aucun de ces graves inconvénients. Célérité prodigieuse ,économie de moitié, impossibilité de la fraude (vu la célérité), faculté pour l’expéditeur d’ac-compagner lui-même son convoi ou de le faire accompagner par un surveillant à lui (vu la cé-lérité et le bas prix), commodité pour les personnes qui n’ont pas à voyager jour et nuit, le trajetde Bordeaux à Paris , par exemple, ne durant que seize heures ; parfaite conservation des objetsmême les plus délicats et les plus fragiles, car il 11’y a aucun cahot et on ne décharge les wa-gons qu’à l’arrivée ( la visite de l’octroi se fait au lieu de la destination ), égale facilité, égalepromptitude de marche en tous lieux, en tout temps et en toute saison; point de chômage,car les dégradations sont lentes, imperceptibles, et les réparations s’opèrent en quelques mi-nutes avec des pièces de rechange toujours prêtes et tenues sous la main ; point d’empêche-ment], aucuns risques de guerre hors le cas d’invasion : tels sont les principaux avantages deschemins de fer. Ces avantages sont décisifs, rien ne les balance ou les atténue ; un chemin defer devra donc nécessairement supplanter toutes les voies rivales.
Dès que l'expérience de quelques grandes lignes françaises aura constaté chez nous cesavantages, dès qu’on verra les provenances des localités desservies par ces lignes, arriver plusvite, à meilleur marché et parfaitement conservées, toutes les autres localités voudront avoiret obtiendront des chemins de fer pour soutenir la concurrence. Les voyayeurs, les fabricants,les consommateurs y gagneront, et chaque jour les autres voies seront plus désertes. Un vasteréseau de chemins de fer couvrira toute la France (1). De semblables révolutions s’opérerontde même dans les autres états du continent; elles sont déjà commencées en plusieursroyaumes. Les chemins de fer s’ajusteront bout à bout sur toutes les frontières et joindrontensemble les extrémités de l’Europe .
En calculant sur la vitesse actuelle ( 10 lieues à l’heure) et sur les prix de notre projet, letransport se fera de Bordeaux à Paris en 16 heures, à raison de 3 i fr. 60 c. par personne, et de-5 fr. 84 c. par tonne de marchandise pesant 1,000 kilogrammes (2,000 livres); de Paris àBruxelles en 8 heures (17 fr. 28 c. par personne, 34 fr. 56 c. la tonne).
Quand la péninsule espagnole, débarrassée de la guerre civile , sentira le besoin de réparer