SEPTIÈME PARTIE. — DÉPARTEMENT DE LA VIENNE . 97
Nerpuy ; mais ce tracé aurait eu l’inconvénient de couper en écharpe la petite rivière d’Envignesur quatre points différents, et la route royale entre le pont à bascule et la porte d’Estrées ; c’estce qui a fait renoncer l’auteur à ce tracé.
Entre le hameau de la Tranchée, la rivière l’Envigne et le faubourg de Châteauneuf, serontconstruits les gares et les établissements nécessaires au service du chemin de fer.
De l’extrémité de la droite qui s’arrête près de Nerpuy, le chemin décrit à droite une courbelaissant à gauche Nerpuy, le village de Bouchau-Marin, situé sur la rive gauche du Clain,les Bordes et Mêlé, et à droite, la forêt de Châtellerault . A Nerpuy, le tracé traversera à zérola route royale de Paris à Bordeaux. C’est tout près de Môlé que le Clain se jette dans la Vienne ;c’est aussi sur ce point que commence la vallée du Clain, que désormais le chemin va suivreen la remontant jusqu’à la rencontre de la Bouleur, l’un des affluents de cette rivière.
Nous avons pris à regret le parti d’abandonner la belle vallée de la Vienne qu’on aurait puremonter encore pendant plus de 26 lieues, jusqu’auprès du bourg de Chabanais , avec pres-que autant de facilité que nous en avons eu pour la remonter depuis la Loire jusqu’à l’embou-chure du Clain; mais, outre la considération de la facilité d’exécution et de l’avantage des pentessur une portion du parcours total, il se présentait d’autres considérations encore plus puis-santes qui consistaient à se réserver un moyen facile pour passer du bassin de la Loire danscelui de la Charente. La vallée du Clain, qui est l’un des principaux affluents de la Vienne ,offre ce moyen au plus haut degré, et la Bouleur, affluent du Clain, achève de donner toutefacilité pour traverser, avec une pente très douce, le faîte qui sépare les bassins de la Loire etde la Charente . Indépendamment de ces avantages, ce tracé offre un parcours beaucoup pluscourt, puisqu’il se porte dans son ensemble, presque en droite ligne, de l'embouchure du Clainsur la ville de Mansle, assise sur la Charente, en passant par les villes de Poitiers , Vivonne,Coulié ( 3 ,ooo m. à gauche), Ruffec et Verteuil. La ville de Poitiers , par l’importance politiqueet scientifique que lui donnent son université, sa Cour royale, sa qualité de chef-lieu d’unepréfecture et sa population propre, qui est de plus de 26,000 âmes, aurait pu motiver seulecette préférence. Une autre considération non moins importante aurait encore fait prendrecette détermination, c’est qu’à partir de Poitiers ou de Vivonne, il sera avant peu établi, pourdesservir la ville de La Rochelle, un chemin de fer passant par Saint-Maixent, Niort, Rochefort .On parlera plus loin de cet embranchement. Au surplus, s’il eût été très facile de remonter laVienne jusques auprès du bourg de Chabanais , il eût été d’un autre côté très difficile de s’éle-ver de ce point sur le faîte qui sépare le bassin de la Vienne du bassin de la Charente , ou end’autres termes de passer du hameau de Chabanais à la ville de Mansle. Dans toute cette partie,le tracé eût présenté de très grandes difficultés sous le rapport des pentes, il eût exigé destravaux d’art considérables et il 11’eût desservi que des villes d’une très faible population, tellesqueChauvigny, 1,610 hab.; Lussac, 1,248 hab. ; l’Isle-Jourdain , 662 liab. ; Availle, 1,905 hab.;Oonfolens , 2,3oo hab. On voit que la considération des populations de ces villes ne pouvaitetre d’aucune importance dans la détermination que nous avions à prendre. Par tous ces motifsn °us n’avons pas hésité à nous prononcer pour l’établissement du chemin dans les vallées duClain et de la Bouleur.
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