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3 (1850) Formation nummulitique. Roches ignées ou pyrogènes des époques quaternaire et tertiaire / par A. d'Archiac ; publiée par la Société Géologique de France, sous les auspices de M. le Ministre de l'instruction publique
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pt tout autour les eaux sont très profondes. Son plus grand diamètredu N.-E. au S.-O. est de 2 milles; elle présente cinq sommets,dont trois sont actuellement au-dessus du niveau de la mer; ce sontles Kaïméni dont nous avons parlé, et deux autres qui sont encoreau-dessous. L’élévation de ces îles résulte non seulement de cônesformés par l’entassement de matières fragmentaires, mais aussi d’unsoulèvement partiel en masse qui a mis à sec un lit de cendre oupumite rempli de coquilles marines dont les analogues vivent à pré-sent dans le voisinage. L’état de ces coquilles prouve que les ani-maux ont péri subitement, enveloppés dans une pluie de cendres, et,d’après leurs espèces, M. E. Forbes (1) pense qu’elles ont dû êtresoulevées d’une profondeur d’au moins 67 mètres. Ce mouvementa d’ailleurs été purement local, et n’a laissé aucune trace aux en-virons.

En résumé, dit M. Lyell, toute l’histoire de ces îles centralesmontre qu’elles doivent leur origine à l’action intermittente et ca-ractéristique des volcans, et elles ne justifient point l’hypothèsed’une seule explosion paroxvsmatique, par laquelle une grande mon-tagne ou un vaste cratère aurait été formé tout d’un coup. Si,d’un autre côté, l’action dénudante de la mer n’avait pas entraînéles portions centrales de l’ancien cône, toutes ces masses de lavestrachytiques brunes et de pumite, qui ont concouru à la productiondu cône central actuel, représenté par les Kaïméni, auraient péné-tré dans les fentes en les remplissant, et se seraient étendues audelà comme les laves et les scories d’un orifice permanent. Si legrand cône fût resté entier, il y a peu de doute qu’une partie consi-dérable des matériaux des Kaïméni ne se fût accumulée sous formede cônes latéraux ou parasites, et, s’il en avait été ainsi, les assisesvolcaniques qui entourent aujourd’hui le golfe de Santorin auraientété traversées par des veines ou dykes de matières fondues, ce quin’a pas lieu.

Sans vouloir entrer ici dans une discussion théorique à ce sujet,nous ne pouvons cependant nous empêcher de faire remarquer,que ni la grande dénudation invoquée parM. Lyell, ni le mode deformation ultérieure des îlots qui représentent aujourd’hui le cônecentral, ne sont incompatibles avec l’hypothèse d’un soulèvementgénéral antérieur auquel serait due la disposition actuelle des troisîles qui circonscrivent le golfe de Santorin , disposition tout à fait

(I) Jitjj. Brii. .-fyttM'. 1843.