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v « ajoutaient encore au caractère tristement sauvage de la scène.
» Après nous être avancés quelque temps sur le talus du grand• cône, au milieu des éboulemcnts de iracliytcs et de porphyres,
» nous pénétrâmes vers trois heures et demie dans un profond ra-» vin, et nous gravîmes ainsi, en suivant le lit d’un torrent, lour-» liant du N.-O. au S.-K. .jusqu’à ce que nous eûmes atteint le pied
« de la partie escarpée du cône.A cinq heures nous
» arrivâmes à l’origine du ravin. Ici la vallée s’élargit en amphi-» théâtre, entourée d’une haute ceinture de rochers escarpés au« delà desquels les chevaux ne purent plus nous suivre. »
M. Iîamillon bivouaqua en cet endroit à 2700 ou 3000 mètresau-dessus de la mer. Le lendemain , 30 juillet, après une nuit trèsfroide, il reprit son ascension en longeant un glacier qui remplissaitle ravin et se continuait jusqu’au sommet de la montagne. Plusieursautres glaciers étroits furent traversés en taillant des marchesdans la glace, et à huit heures on atteignit le point le plus élevé quifût accessible et qui était dominé seulement par un rocher abruptesur toutes ses faces, et de 7 à 8 mètres de haut.
Au nord et à l’est, de vastes glaciers, descendant en pente con-tinue jusqu’à la mer de nuages et de vapeurs qui ondulait à unegrande distance au-dessous du sommet de l’Argée, montraient que,de ce côté, l’ascension était impraticable. Les voyageurs se trou-vaient alors sur une crête étroite qui réunit deux immenses cratèrescontigus, l’un au nord-est, l’autre au nord-ouest. Tous deux ontleurs parois et leur fond entièrement recouverts de neiges et deglaciers, saufsurquelques pointsoù percent des séries de rochers. Surles pentes escarpées, au nord, les neiges perpétuelles s’abaissent à600 et 900 mètres au-dessous de la cime, mais au sud, au-dessous de300 mètres, les neiges ne persistent plus que dans les ravins profonds.
Le sommet de la montagne est formé de conglomérats rouges, debrèches scoriacées avec des fragments de trapp, de porphyre etde ponce. Au-dessous est une sorte de- hornslein ou phonolite.En redescendant, M. Ilamilton a remarqué une masse confuse derochers principalement cristallins, de granité gris, de trachyte rougeporphyritique, de trachyte brun terreux, mais dont les relationssont restées complètement indéterminées. La plaine de Kaïsaria étantà 1277 mètres au-dessus de la mer, l’auteur en a déduit, par troisobservations, dont une barométrique et deux trigonométriques, quel’altitude de l’Argée était entre 12809 et 13239 pieds ang.(380V",50 cl â0âl'",98). M. Ainsworlh l’avait estimée à 1000